Ancrage, alignement et respiration : trois fondamentaux du yoga postural

Sur un tapis, quelque soit la pratique de yoga à laquelle vous participez et il en existe beaucoup (Hata, Ashtanga, Jivamukti, Vinyasa, Kundalini, Yin, etc…) il est essentiel de porter attention aux trois piliers qui fondent toute les pratiques du yoga postural : l’ancrage, l’alignement, la respiration.

Pourquoi s’ancrer et comment fait-on ?

Nous ne sommes pas des oiseaux ! Pour l’humain tout commence à partir du sol et notre équilibre dépend entre autres de nos ancrages. Essayez de lever une jambe et tenir en équilibre sur l’autre avec un pied mal positionné dans le sol, non ancré. Il y a peu à parier que vous tiendrez juste quelques secondes avant de voir votre structure s’effondrer ! Quelle que soit la partie de votre corps : mains, pieds, tête, dos, fesses, dès lors qu’elle entre en contact avec le sol, prend un appui, tout s’équilibre à partir de celui-ci, de son impact au sol, d’où l’importance apportée à vos ancrages.

Prenons pour exemple le pied que vous posez le plus simplement au sol lorsque vous êtes debout. Votre ancrage consistera à élargir au maximum vos pieds au sol, donnant ainsi plus de prises. Vos orteils tendront à s’étaler plus qu’à l’accoutumée, se séparant les uns des autres jusqu’à se déposer au sol sans se toucher entre eux ! Vos coussinets juste derrière vos orteils seront consciemment déposés de manière équilibrée sur votre tapis et les deux points arrières de votre talon viendront terminer l’ancrage de votre pied dans le sol. A partir de là, vous pourrez commencer à monter la structure, en poursuivant avec vos chevilles internes que vous redresserez, puis la construction de votre jambe pourra commencer et ainsi de suite…

Mais l’ancrage, ce n’est pas que physique, c’est aussi être ici et maintenant. On ne peut tenir l’équilibre si l’on est tourné vers un ailleurs ! A chaque fois que vous vous concentrez sur une action que vous effectuez dans un cours de yoga, que votre esprit est centré sur cette action, que vous l’incarnez dans votre corps, que vous la conscientisez, vous vous rapprochez toujours plus d’ici et maintenant.

Dans le yoga, qu’aligne t’on dans le corps et quels en sont les effets ?

Votre corps est composé de segments : tête, jambes, bras, tronc, pieds, orteils, mains, doigts, ce sont ses segments que vous alignez. Et chaque segment vous l’alignez dans les articulations qui les relient. Par exemple, votre fémur s’alignera dans l’articulation de la hanche et dans celle du genoux, le tibia / péroné dans celle du genou et de la cheville. Votre colonne du coccyx à la vertèbre Atlas (C1), s’étirera vers le ciel, alignant ainsi les vertèbres. Et ainsi de suite. Pour se faire, vous engagerez vos muscles pour venir aligner vos segments dans les articulations désignées et par des rotations internes et externes de vos segments vous parviendrez à aligner de plus en plus précisément votre corps dans les différentes postures. Dans chaque posture que vous réalisez durant une pratique, ce qui importe ce n’est pas tant de prendre une pose que de faire le chemin qui mène à la posture. C’est la mécanique que vous enclenchez pour parvenir à celle-ci, puis son ajustement et enfin son approfondissement. Encore une fois, comme dans l’ancrage, la concentration sur des détails vous permettra de libérer votre esprit et simplement vous tenir ici et maintenant dans la profondeur de votre engagement. Cet alignement de vos segments a pour effet de permettre à l’énergie, qui se nomme prana dans le yoga, de circuler dans tout votre corps. Le prana est un sujet à lui seul, mais on pourrait le résumer comme l’énergie vitale. En sanskrit, le terme « prana » désigne le souffle et « yama » la maîtrise de ce même souffle. Le terme de prana est entendu plus largement que la respiration fonctionnelle (air), il s’apparente à l’énergie primordiale et si la respiration en est un vecteur important, cette énergie prend sa source également dans la nourriture, le soleil, l’eau.

Pourquoi la respiration dans le yoga est elle si importante ?

Le pranayama est un système yogique d’exercices respiratoires. Son importance est majeure dans la pratique, c’est le 4ème des 8 membres du yoga selon Patanjali, auteur des Yogas Sutras(, le pendant pratique du Raja yoga (yoga postural) qui fonctionne en binôme si l’on peut dire avec «  La Samkyaya »(, l’ouvrage philosophique et fondateur du yoga.

Dans un corps ancré et aligné, le prana, votre énergie primordiale trouvera son chemin par le biais de la respiration sans rencontrer de nœud et pourra ainsi librement circuler, irriguant votre corps jusque dans les moindres parcelles. Ce qui au départ était une simple respiration deviendra progressivement une énergie dont vous pourrez diriger le flux à la rencontre de votre pure conscience.

Qu’elle soit haute ( Ujjaye) une respiration thoracique que l’on utilise dans les cours de yoga dynamiques tels que le vinyasa, l’ashtanga, le Juvamukti, ou abdominale comme dans d’autres pratiques, la respiration est au centre de toute pratique de yoga, son usage étant toujours dédié à la circulation du prana. Pour chaque pratique yogique, une respiration spécifique sera mise en place et tenue sur la durée de celle-ci. Des exercices de respirations spécifiques peuvent aussi vous être proposés dans le cadre de méditations.

Avec à l’esprit ces trois piliers que sont l’ancrage, l’alignement et la respiration qui vous permettront ensemble d’être présent à vous même, ici et maintenant, en pleine conscience, vous ressentirez progressivement les effets du yoga sur votre vie. Dans un corps aligné, ancré et qui respire, la pensée s’organise, se clarifie. Par la libération et la circulation de l’énergie, la relation à soi, aux autres, à ce qui vous entoure se modifie. La pratique du yoga vous entraînera alors vers un nouvel horizon : vous !

Addictions, le corps au soutien du cerveau

Notre cerveau, tout à la fois magnifique usine chimique et véhicule de nos esprits se révèle parfois être un ennemi lorsqu’il développe des addictions et nous plonge dans les affres de la dépendance. Et si notre corps, dans son prolongement, pouvait soutenir la désaccoutumance ?

Du simple collectionneur aux alcooliques, un même mécanisme addictif

Nourriture, alcool, collections de voitures ou encore de timbres, de dentelles…, neuroleptiques, cannabis, shopping, argent, tabac, cocaïne, travail, sexe, jeux… voilà une liste étonnante qui regroupe tout à la fois des essentiels vitaux, tels que la nourriture, des substances illicites comme la cocaïne ou encore des loisirs. Leur point commun ? C’est de devenir pour certains d’entre nous, des drogues.

Et cette liste est sans fin car ce qui caractérise l’addiction ne se situe pas dans l’objet en soi mais dans les mécanismes qui sont en jeu. Un passionné de timbres peut basculer dans l’addiction et ruiner sa vie pour quelques centimètres carrés de papier. Et quand bien même on pondèrera ce propos en arguant que la santé du collectionneur n’est pas en jeu, est-ce si vrai que cela ? Tout perdre pour des timbres, finir à la rue, balayé par une passion dévorante, n’est-ce pas aussi dramatique que ce que produisent l’alcool et la drogue sur les usagers ? S’en sortira-t-il plus facilement et plus vite qu’un alcoolique, un héroïnomane ? Les gens plongés dans l’enfer du jeu sont-ils plus disposés à se sevrer ? Les acharnés du travail poussant jusqu’au « burn out » sont-ils moins en souffrance que les consommateurs excessifs de neuroleptiques ou encore de nourriture ?

Un collectionneur de timbres peut aussi rester raisonnable et ne pas sacrifier sa vie pour la philatélie, il n’en demeure pas moins un profil addictif, mais on parlera alors de … passion !

Nous identifions généralement plus aisément les addictions qui nous paraissent évidentes, celles dont les manifestions physiques et sociales sont les plus criantes et les résultats plus impactant pour l’entourage : drogue, alcool, jeu, parfois sexe et aussi travail, mais plus rarement.

L’alimentation, une addiction qui dit rarement son nom

La nourriture semble bénéficier d’un statut à part dans les addictions et mérite un détour dans cette liste. La manifestation physique du surpoids pourrait entrer dans le cadre « déclaratif » d’une addiction car qui outre mange, outre pèse, mais la complexité de nos métabolismes et la multiplicité des avis médicaux nous incitent souvent à excentrer le sujet de l’addiction et le reporter sur des problèmes physiologiques. Mais qui de la poule a fait l’oeuf ? Est-ce l’alimentation qui a engendré les troubles ou les troubles qui ont créé le dérèglement alimentaire. Le simple fait de se remplir à l’excès porte en lui les symptômes d’une addiction. Ce qui fait origine ne retire rien au phénomène addictif de la nourriture et inversement !

L’addiction est un asservissement à une substance ou à une activité, créant un état de dépendance irrépressible. Tout peut donc potentiellement devenir une drogue.

Mais si arrêter de se droguer à l’héroïne passe par le fait de cesser de s’enfoncer une aiguille dans le bras, cesser de s’alimenter ne sera pas la réponse à l’excès de prise nourriture, on s’en doute… Idem pour le travail, le sexe !

Les drogues acceptables et les autres

Pourquoi alors certains se tournent vers des drogues socialement « convenables » et donc plus difficilement décelables telles que le travail, la nourriture, le shopping, les neuroleptiques, etc, quand d’autres s’enlisent dans des drogues dont les effets visibles, voire ravageurs les relèguent à la marge de la société et les réduisent à porter leur pathologie comme Peau d’âne portait sa peau de bête ?

Pour parti, l’histoire de chacun. Cette petite histoire dans la grande histoire, ces constructions intérieures qui nous différencient et font pencher nos addictions vers une drogue plutôt qu’une autre, du socialement acceptable à la désintégration totale du social. Qui fait exploser la conque, déchiquète radicalement tout sur son passage, atomise sa vie ? Et qui, avançant plus ou moins masqué, tente de maintenir un équilibre dans le déséquilibre ? C’est bien là qu’entre en jeu toute la subtilité de nos vies personnelles, nos ancrages, notre propre mythologie et celle de nos histoires familiales.

L’influence de la période historique aussi joue son rôle dans le « choix » de nos drogues. L’actuelle disponibilité de tout et en quantité ; Il est plus simple d’outre manger, la nourriture est à profusion. Plus simple de rentrer dans un centre commercial et se laisser aller à des achats compulsifs. Plus facile aussi de plonger dans un monde virtuel au travers les écrans, plus aisé de parier, d’enchérir… La réussite sociale, la consommation sont encouragées et à eux deux elles produisent aussi leur content d’addictions socialement acceptables. Chaque époque produit ses drogues et ses drogués.

Seul, le mécanisme de l’addiction lui, reste le même.

L’addiction – une fois son objet « choisi » – raconte notre histoire ou plus précisément expose nos énigmes. Cette « part » irrésolue qui quête dans la « drogue » une consolation faute de réponse.

La chimie du cerveau au cœur de l’addiction

Notre cerveau, cet outil merveilleux est aussi parfois une arme par destination que l’on retourne contre soi-même !

Ce qui est remarquable, quels que soient les substances ou actions élues comme « drogues » c’est que celles-ci activent toujours le même mécanisme neurobiologique stimulant entre autre la libération de la dopamine (recherche de plaisir ou d’émotions) et de la sérotonine (sensation d’apaisement) tous deux impliqués dans le circuit de la récompense.

Peu importe si ce sont des timbres ou de la cocaïne, en sur-stimulant ces neuro médiateurs, la drogue élève les niveaux de sérotonine. Mais une fois activé, le mécanisme se met en quête d’au moins l’équivalent à chaque apport et afin de maintenir ces niveaux, cet état de bien être, l’usager se voit contraint de poursuivre inlassablement sa consommation et souvent de l’amplifier, parfois jusqu’au désastre.

Addiction, cet impérieux besoin de toujours plus

Ce qui se joue dans le cerveau est un mécanisme plus complexe évidemment que les quelques lignes ci-dessus, mais le schéma qui mène du plaisir à l’addiction et potentiellement à la souffrance pourrait se résumer ainsi :

L’addiction est un contenant qui une fois rempli ne peut rester vide, un contenant que l’on doit combler quoi qu’il en coûte afin d’activer les niveaux de sérotonine suffisants pour retrouver cet état de plénitude sous peine d’effondrement : anxiété, dépression…

Car la douleur n’est pas une chimère dans l’addiction, et quelque soit la drogue, le manque est une horrible sensation dont personne ne devrait douter. Une sensation dangereuse qui pousse certains à l’irréparable.

Chaque drogué a son contenant, connait la dose nécessaire et tout finit par tourner autour de ce gouffre et son avidité impitoyable.

Si certains, leur vie durant, se contentent de niveaux acceptables, d’autres intensifient les doses jusqu’à l’inexorable.

Mettre son corps au service de son cerveau

La thérapie est un angle important de travail dans l’addiction pour remonter aux sources. Il en est un autre qui souvent fait défaut dans les démarches de prise en charge des désaccoutumances, c’est le corps et son implication dans le processus d’activation du mécanisme de récompense.

Car fondamentalement dans l’addiction, il s’agit toujours d’un ressenti. Le plaisir, l’apaisement, la satiété tout comme l’anxiété, la dépression, la colère qui découlent du manque sont des ressentis, qui s’ils prennent origine dans notre cerveau, s’incarnent dans le corps. Si la thérapie donne des pistes pour résoudre les énigmes qui nous incitent à des comportements compulsifs, le corps peut se révéler un acteur formidable dans le processus. En activant différemment le mécanisme des neuro transmetteurs impliqués dans le plaisir, la détente, la satiété, la récompense, il ouvre un nouveau champ d’expérimentations.

Notre corps, sans apport extérieur, est une organisme générateur d’un incroyable éventail de sensations et d’émotions. Par la prise de conscience détaillée de chaque segment qui le compose, par les mouvements que nous effectuons, leur intensité et par le ressenti qui en découle, nous stimulons les mêmes neuro transmetteurs qui sont impliqués dans les phénomènes d’addiction à cela près que l’on y gagne une meilleure santé, une amélioration générale de son état nerveux et une satisfaction gagnée au gré des pratiques et cela sans danger.

Quand notre corps modifie la chimie de notre cerveau

Engager son corps dans une pratique pour lui donner à ressentir est un outil qui, plus que de bien être est pourvoyeur de mieux être. Il n’est pas la réponse à l’addiction, mais il se révèle un excellent médiateur pour remettre en bonne marche dans le cerveau une chimie qui ne s’encombre pas de savoir s’il s’agit d’héroïne, de timbres, de yoga, de danse, de boxe ou de voitures américaines, car lui, dans sa dynamique, n’aspire au final qu’à remplir un contenant !

Une fois passée l’étape de remplacement du contenu addictif par ses nouveaux mécanismes, la reconstruction peut commencer. Car s’il l’on arrête jamais d’être « un drogué », le corps « conscientisé » donne à vivre des sensations qui surpassent celles des drogues et surtout, en transitant par le corps, nous apprenons progressivement à élaborer les sensations en sentiments. La pleinitude n’appartient plus alors au registre des sensations mais à celui de l’incarnation.

Olivia Petrucci
Professeur de yoga
Coach individuel et professionnel

Combien de fois par semaine ?

Combien de cours par semaine faut il faire pour voir et ressentir les effets ? 

Toute pratique a un début ! Et généralement on commence la pratique du yoga par une fois par semaine parfois moins. En pratiquant une fois par semaine on ressent assez rapidement les effets du yoga et souvent après quelques temps les pratiquants s’organisent pour un deuxième cours hebdomadaire.

Mais ce que je remarque, c’est que même si deux ou trois cours par semaine pourraient paraître plus bénéfiques, ce qui importe le plus, quel que soit le nombre de pratiques hebdomadaires, c’est d’être présent à 100% durant la pratique. C’est ramener son esprit sur le tapis quand il s’échappe en se concentrant au maximum sur sa respiration. C’est profondément, en s’absorbant durant toute la durée de sa pratique que l’on ressent les effets du yoga dans son corps et dans sa vie.

Certaines personnes parviennent à pratiquer chez elles et parfois au quotidien, c’est un optimum mais tous, nous n’avons pas forcément le temps, l’énergie ou la discipline, mais mon conseil le plus précieux reste :

Soyez ici et maintenant, soyez à 100%  durant votre pratique.

La respiration

Pourquoi la respiration est elle si importante dans le yoga ? 

La respiration dans le yoga se nomme pranayama en sanskrit. Le prana c’est l’énergie que l’on capte entre autres par la respiration.  Yama signifie contrôle, donc la respiration dépasse la simple fonction d’oxygéner le corps et de façon plus subtile par le contrôle de la respiration, en dirigeant le souffle, on contrôle la circulation de l’énergie dans son corps. Il s’agit de prendre conscience de son souffle, de l’énergie dont il est le support et de la diriger dans le corps puis de la synchroniser avec les postures. Il existe différents exercices de pranayama, et selon les écoles de yoga, le pranayama est pratiqué de différentes manières.

Qu’est ce que la respiration Ujjaye que l’on utilise en vinyasa ? 

Dans la pratique du vyniasa, postures dynamiques  et respirations sont indissociables . Ujjaye veut dire en sanscrit la respiration victorieuse ou souffle du guerrier. La respiration Ujjaye fait partie des pranayamas dont je rappelle la définition : prana énergie vitale et yama : contrôle. Il s’agit encore une fois de diriger  son énergie  par l’usage de la respiration . La respiration Ujjaye est une respiration haute qui chauffe le corps . Elle s’effectue par le nez,  bouche fermée. L’arrière de la gorge au niveau de la glotte est légèrement resserrée. Lors de l’expiration on entend un léger son rauque. Le périnée est contracté et le nombril collé à la colonne . La respiration se fait par les côtes à partir du plexus solaire jusque dans les clavicules. Le ventre reste contracté.

Durant une pratique de vinyasa, les postures dirigées vers le haut se font sur l’inspiration et celles dirigées vers le bas sur l’expiration.

Fitness versus yoga ?

Yoga “sportif” versus  Yoga traditionnel ? 

Peut on parler de yoga lorsque pour certaines pratiques, la dimension philosophique du yoga est esquivée, voire évacuée ?

Le yoga, on y vient pour des raisons aussi diverses que le besoin de se dé-stresser, se muscler, s’assouplir et autres demandes très pratico-pratiques. Mais c’est aussi pour certains la quête philosophique qui leur fait pousser la porte d’un studio de yoga ou Shala.

Pour ceux là, il me semble qu’ils ne pousseront jamais la porte d’un studio proposant à la fois des pratiques traditionnelles et des pratiques “aménagées” ou des déclinaisons, voire des mix yoga et fitness.  Pour répondre à leurs attentes d’une pratique philosophique exclusive,  ils trouveront facilement parmi l’offre des studios traditionnels et des enseignants, une pratique adaptée et en lien avec leurs attentes en matière de  yoga.

La question semble plutôt se poser pour ceux qui souhaitent pratiquer le yoga sans en connaître la profondeur, parfois juste parce que ça fait du bien ou encore que c’est mieux que la rumba.

John Lennon disait que la vie c’est ce qui arrive lorsque l’on planifie tout à fait autre chose. 

Quand une personne se rend dans un cours de yoga qui ressemble plus à du fitness, elle sait ce qu’elle fait … Internet regorge de vidéos et de sites sur le yoga et les différentes pratiques. Ce que je trouve assez merveilleux, c’est que j’ai rencontré plusieurs personnes qui ont démarré le yoga par le versant disons fitness et sont devenus aujourd’hui de yogis férus de philosophie et pratiquants assidus…  jusqu’au bout de leur tapis !

Est ce la force des asanas ? des postures qui portent en elles le potentiel du yoga. J’en viens à le penser. Le yoga est plus fort que toutes les dérives, car le yoga est dans l’être, le reste est dans l’avoir. 

Ce débat de l’orthodoxie du yoga me fait penser à celui qui a eu lieu vers les années 2010 autour de l’écologie. Les acteurs historiques, qui depuis le début des années 70 défendaient un monde plus respectueux se sont trouvés désappointés lorsque une vague de gens se sont emparés de ces problématiques. Ils ont crié au scandale, à la trahison ! 10 ans plus tard, l’offre en alimentation biologique progresse de 20 % par an, les coopératives se développent. Les associations remportent des victoires auprès des instances publiques. Le Green Washing ? Bien sûr qu’il existe mais à coté de cela des personnes qui ont commencé à acheter quelques produits bios dans la grande distribution sont maintenant des clients réguliers de Nouveaux Robinsons et autres supérettes “bios” et ont adopté une démarche intégrative de l’écologie.

Pour conclure… Déjà, le yoga aujourd’hui ne fait plus rire ou bailler et c’est un grand pas. Il existe des dérives, oui… mais il existe plus encore de belles histoires et de belles rencontres avec le yoga ! 

Faîtes vous confiance, faîtes confiance à votre corps et faîtes confiance au yoga, il saura tout comme l’eau trouve toujours son chemin trouver le sien dans votre vie ! 

Qu’est ce que le yoga Vinyasa ?

C’est un yoga que l’on dit « dynamique » car on enchaîne les postures en une série fluide rythmée par la respiration ujjaye, une respiration haute qui chauffe le corps. Celle-ci s’effectue par le nez,  bouche fermée. 

Dynamique veut dire en mouvement, mais pas forcément rapides  ! Une pratique de vinyasa peut avoir un rythme plus ou moins soutenu qui sera adapté à la classe ou à l’élève si c’est en cours particulier.

Dans le vinyasa, chaque série ou enchaînements de postures est créé par le professeur en fonction des thématiques sur lesquelles il veut travailler, cela peut être une partie du corps comme l’ouverture des hanches ou les épaules mais aussi cela peut être un principe philosophique comme par exemple  la coexistence des opposés… Les sujets sont  infinis et les possibilités aussi ! Chaque professeur a ses inclinaisons, c’est très créatif et dans un cours particulier, on peut créer des séries spécialement adaptées à un élève, à ses besoins et à son évolution.

La série est généralement construite autour d’une posture phare et pour parvenir à cette posture on va travailler pas à pas des postures intermédiaires pour préparer  les parties du corps qui seront sollicitées dans la posture phare. Ces étapes se nomment krama. Le krama c’est le travail étape par étape.

Thérapie et yoga ?

 Complémentaire ou antinomique ?

C’est souvent par des manifestions physiques que se déclarent les maux psychiques de chacun : maladies de peaux, digestives et autres somatisations du mal être sont un exemple des manifestations corporelles qui peuvent amener à consulter. Crises de larmes, insomnies, apathie, en sont d’autres. Notre corps est indissociable de notre esprit. Partant de ce postulat, il y a beaucoup à dire et encore plus à faire !

Le corps porte la mémoire de nos traumatismes les plus anciens.

Ce qui ne peut se dire se somatise.

Engager le corps dans le yoga alors que l’on est en cure psychanalytique ou en travail de thérapie parait une bonne option. Les deux offrent de belles complémentarités . 

Car les deux ont pour visée de réduire la souffrance, d’apaiser le mental : 

  • Le yoga permet de se reconnecter à soi. Dans la pratique du yoga,  le lâcher prise qui arrive parfois pendant l’effort et souvent après, ouvre un espace de liberté qui fait de la Place pour autre chose de soi. Quand le mental se calme c’est  une vérité profonde et personnelle qui jaillit.
  • L’analyse ou encore la thérapie analytique permettent la mise en lumière et la mise en mots des fonctionnements obscurs et répétitifs de notre psychisme.

Le yoga est un espace pour la transformation, c’est d’ailleurs la philosophie qui sous tend la pratique. L’analyse aussi…

Vous avez dit “souplesse” ?

Faut il être souple pour pratiquer le yoga ? 

Uniquement dans sa tête !

Ce qui est important c’est de prendre conscience de son corps, c’est apprendre à le connaître pour le faire progresser :

  • L’aligner : en activant les muscles pour aligner les os dans les articulations.
  •  Le faire respirer en apprenant à maîtriser son souffle donc son énergie.

A partir de ces essentiels,  souple ou pas souple, chaque corps va progresser :

  • plus de concentration égale plus de conscience
  • plus de conscience amènera plus de connaissance et de cette connaissance découlera progressivement la force et la souplesse.

A chacun son rythme ! 

“Dans la pratique du yoga, lâcher prise, c’est accepter de négocier avec son manque de souplesse,accepter que la posture parfaite soit celle que l’on ne peut plus améliorer avec ses moyens du moment.
Trouver le confort même dans l’inconfort.”

Extraits de : La voie de la paix intérieure, BKS Iyengar

Aligner le corps et l’esprit !

L’alignement qu’est ce que c’est ? A quoi ça sert ?  

Dans un des Sutras ( sorte de versets) issus des Yoga Sutras, un des ouvrages fondateurs du yoga,  il est dit que :

«  L’asana , la posture doit à la fois, être ferme et stable  (Sthira) mais aussi confortable (Sukas). Par le juste effort et le relâchement, la posture mène à la méditation sur l’immuable. »

Un bon ancrage au sol, une respiration qui canalise et dirige l’énergie et un  alignement précis sont les constituants d’un asana réussi, le plus sur chemin pour pour ressentir les bénéfices d’une posture. 

Ajustements

Yoga et surpoids

Le yoga fait il maigrir ? 

Ce qui fait maigrir dans le yoga, c’est en premier lieu la prise de conscience progressive  puis  la connaissance de son corps.

Dans les pratiques de yoga, l’ ancrage au sol, l’alignement, la respiration, le réveil musculaire sont les 4 piliers sur lesquels se construit  la conscience  du corps.

Un corps qui s’éveille, s’anime,  respire est un corps qui prend conscience de ses possibilités.

C’est alors le moment où naturellement le corps modifiera sa relation à un ensemble de nourritures.

  • Nourritures physiques
  • Nourritures affectives…

C’est toute la façon de d’appréhender ce qui l’entoure et l’influe qui se modifie.

Le corps et l’esprit sont une unité. Le corps c’est plus qu’un amas de chair, d’organes, d’os, de muscles, plus qu’un outil de séduction, plus qu’un véhicule pour la vie, plus qu’une image dans le regard des autres, notre corps c’est nous….  tout simplement. Même l’esprit n’est qu’une parcelle de notre corps car notre corps c’est la  première manifestation de notre âme.

Et nous savons tous, même confusément, ce qui nous convient. Alors, il s’agit de se réveiller, se souvenir, pour de nouveau se faire confiance.

Pratiquer en conscience et le poids ne sera plus un sujet car il se régulera au gré de des besoins réels de votre corps et non sa fantasmagorie.