Le Sâmkhya,
socle philosophique du yoga

Présentation de la philosophie du Samkhaya

Troisième Darsana ou école de pensée hindouiste, le Sâmkhaya – ouvrage rédigé vers le 5eme siècle avant notre ère – analyse rationnellement la réalité.  Du travail individuel inspiré par le  Samkhaya peut alors surgir la libération du cycle des renaissances qui entretient la souffrance.

 Un monde fait de souffrances 

Le samkhya postule que le monde est fait de souffrances : souffrances physiques, souffrances psychiques. L’homme dans son grand désarroi pour contrer la souffrance qui l’anime souhaite ardemment  bonheur et éternité. Mais ses désirs se révèlent insatiables au point d’en oublier sa vraie nature, sa pure conscience ;  le Purusha enfoui sous les décombres de ses désirs insatisfaits.

Pour échapper à la souffrance, l’homme projette ses aspiration au bonheur dans la satisfaction de ses désirs imminents. Mais chaque désir soulagé l’incite à en satisfaire d’autres et progressivement l’homme s’aliène à ses désirs.  Comme  chaque action en ce monde entraîne une réaction, c’est la Roue de la Loi du Karma qui se met à tourner… Les passions et des désirs sont insatiables, sans fin. Et une vie ne suffit pas à remplir tous les désirs… alors, la croyance hindoue introduit la notion de réincarnation ! On revient pour jouir ou souffrir du fruit de nos actions dans nos vies passées.

Se libérer de la répétition

Selon le Sâmkhya, le bonheur, le vrai, consiste à sortir de la logique dans laquelle le mental agité de désirs plonge l’homme .

Pour cela il utilise le yoga,  une méthode de mise en pratique du Sâmkhya.

Le yogi apprend à observer son mental, tel un objet. Ce  travail introspectif lui apprend à se reconnecter avec son monde intérieur puis avec le monde extérieur. Il s’agit de mieux se connaître soi-même, en tentant de maîtriser son mental pour le reconnecter avec le monde extérieur .

A force de travail, il calme ses pensées et ses désirs. Il sort du brouillard généré par ses pensées non maîtrisées et part à la rencontre  à de lui-même, de sa vraie nature, celle qui demeure, sa conscience. C’est ce qu’on appelle dans le Samkhya, le retour à Purusha, à la Source. Il expérimente le contentement et devient un être libre, libéré des chaînes du karma, de la répétition.

Par ce travail, au final,  il rompt le cycle des Samsâra (les vies et les renaissances) et retrouve sa Pure Conscience.

Purusha et Prakriti

Les principes généraux du Samkhya : de la rencontre de la nature originelle la mulaprakriti ( origine de la nature) avec Purusha (la pure conscience) se déploient les 25 principes (tattvas) qui composent l’Univers et ont vu le jour successivement :

La prakriti : c’est l’univers manifesté, la matière primordiale :
composée de 3 qualités : les Gunas :

  • équilibre : sattva
  • dynamisme : rajja 
  • inertie : tamas.

L’organe interne ou appareil psychique (Antahkarana : principe d’individuation) qui est composé :

  • de l’intellect ou  la buddhi, premier principe produit par la Prakriti. La fonction principale de Buddhi est de discriminer entre le Purusa et la Prakriti. 
  • du principe d’individuation ou égo,  l’Ahamkara. dont découle deux évolutions parallèles : 
    • le mental : manas
    • les dix facultés : 
      • Les 5 organes de  perception, connaissance (jnanendriya) : l’oreille, la peau, l’œil, la langue, le nez.
      • 5 organes d’actions (karmendrias) : la main (pani), le pied (pada), l’anus(payu), les organes génitaux(upastha), la voix(vac)
  • les 5 éléments subtils (tanmatras) : le son, le toucher, la forme, la saveur, l’odeur  
  • les 5 éléments grossiers, les mahabhutas : Ether (akasa), l’Air (vayu) le Feu (agni, tejas), l’Eau (apas/ jal) et la Terre (pritvi).

Le vingt-cinquième principe est composé de purusa qui est indépendant des vingt-quatre autres.

La Sāṃkhyakārikā peut se diviser de la manière suivante : 

  • strophes 1 à 9 : introduction générale commençant par les trois sortes de souffrances;
  • strophes 10 à 21 : les attributs de Prakṛti et de Puruṣa.
  • strophes 22 à 38 : description du processus d’évolution de l’univers à partir de Prakṛti;
  • strophes 39 à 51 : théorie du corps subtil et de sa composition. Enumération des composantes ;
  • strophes 52 à 54 : les deux parties de la création : intellectuelle et matérielle et la prépondérance des gunas;
  • strophes 55 à 68 : description de la méthode de libération;
  • strophes 69 à 72 (ou 73) : conclusion.

Découpage de l’ouvrage : 

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